9. Aventures au Ladakh


On a passé une dizaines de jours à Vaschicht, petite station thermale avec ses sources chaudes. Les vieilles maisons en bois et en pierres et les temples typiques de l’Himarchal conservent l’authenticité du village malgré le développement touristique important. Vaschicht est un endroit où on aime se poser, c’est comme on dit ici : ambiance shanti… Le décor ressemble beaucoup à nos Alpes Suisses…

Devant moi, cette montagne enneigée imposante: le Rohtang La (3978m). Chaque soir, installée dans un hamac sur la terrasse de l’hôtel, je rêve de découvrir ce qu’il y a derrière cette fameuse montagne : le Ladakh.

C’est en bus local qu’on est parti en direction de Keylong au Lahaul sur une route vertigineuse… La route du col du Rohtang La est très empruntée par les nombreux touristes indiens qui se rendent au sommet pour voir la neige. D’ailleurs c’est assez comique de voir le nombre de boutiques qui vendent ou loue des ensembles de ski bien moches et kitch…

De l’autre côté du col : changement de décors. La route plonge vers la vallée verdoyante du Lahaul. On longe une vallée encaissée entre deux parois rocheuses, qui laissent apercevoir le sommet des glaciers enneigés.

Huit heures de bus plus tard, nous voilà enfin à Keylong, la capitale du Lahaul… On est épuisé… le confort dans les bus locaux est très relatif…

Keylong est une petite ville encore préservée du tourisme… Il y a encore peu d’hôtels et restaurants pour les touristes… On se contente de soupes tibétaines à base de nouilles, de momos (genre de raviolis fourrés aux légumes) et de chow mein (plat de nouilles sautées)…

Le Lahaul est majoritairement bouddhiste, les gens ressemblent aux tibétains et sont vraiment très beaux avec leurs costumes traditionnels.

Peu de touristes s’arrêtent au Lahaul. Ils passent une nuit puis vont directement au Ladakh… Et pourtant, il y a de superbes ballades à faire, de magnifiques monastères bouddhistes, et une vie locale à découvrir… Keylong est entourée de sommets enneigés. C’est une vallée fertile, très verte et fleurie comparée au Ladakh.

On a passé trois jours à Keylong. Quelques ballades dans les collines environnantes nous ont permis de mieux nous acclimater à l’altitude (3350 mètres). Il faut dire qu’à cette altitude, le manque de souffle se fait sentir…


Nous voilà prêt pour un trajet de 15 heures de bus local en direction de Leh, la capitale du Ladakh.

Le bus local, c’est comme un genre de bétaillère, qui n’a pas d’amortisseurs ce qui fait que plus t’es assis à l’arrière plus tu décolle à chaque bosse ! Ouais, ce n’est pas super confortable ! Le trajet est long, très long, mais il en vaut le coup ! On a traversé les paysages les plus époustouflants de la planète !!!! C’est presque irréel tant c’est beau et très diversifié !

On a passé le deuxième plus haut sommet du monde (5328 m) accessible par une route carrossable.

C’est tout simplement somptueux, époustouflant et incroyable ! 360 km en plein désert avec des tons de gris brun vert différents, un désert entouré de sommets enneigés… une route rocailleuse et parfois vertigineuse lorsqu’elle longe les précipices et que les croisements sont rendu très difficile tant la route est étroite et escarpée.

Une immense vallée, plus de route du tout… on est dans le désert mais il y a les montagnes enneigée autour… c’est complètement fou !

Des canyons, des rivières d’un bleu limpide, des lacs de montagnes, de la neige, de la poussière, un ciel bleu comme nulle part ailleurs… et nous voilà à Leh, la capitale. Une ville charmantes aux vieilles maisons de pierres, aux palais sur les hauteurs, une ville entourées de sommets enneigés et de merveilleux temples bouddhistes… waouh !


Des évadés du tour de France au milieu de nulle part…


Apres quelques jours passes à Leh, j’ai décidé de relever un grand challenge en partant pour une virée de sept jours dans la fabuleuse vallée de la Nubra. J’ai choisi le vélo, avec pour seuls bagages quelques vêtements et un sac de couchage. Fred a finalement décidé de m’accompagner dans ce périple car il est peu conseillé de s’aventurer seul dans des coins reculés et très peu peuplés…

Une jeep nous a emmenés au sommet du plus haut col accessible par une route carrossable au monde (5620 mètres). Du haut, nous sommes descendus dans la vallée de la Nubra à VTT. On a commencé à descendre, il a commencé à neiger, on était en pleine purée de brouillard ! On a croisé un motard qui nous a dit : « You are crazy! » et on a vite compris pourquoi… En fait, on pensait que la neige allait cesser à mesure que l’on descendait sur cette route caillouteuse… On imaginait trouver le soleil un peu plus bas… Mais plus on descendait, plus il neigeait, jusqu’à ce que la neige se transforme en pluie givrante glaciale… On avançait doucement… On avait une bonne veste et un jeans, mais pas de gants (on a mis des chaussettes aux mains pour tenter de se réchauffer un peu). J’ai imaginé perdre mes pauvres petits doigts, qui devenaient de plus en plus engourdis au fur et à mesure de notre descente.

Enfin, plus bas, on est arrivé à un camp militaire nommé North Pullu. Ouf, une bonne soupe de nouille, une omelette, et du tchai pour se réchauffer un peu, on est gelé et trempé de la tête aux pieds !!! On a rencontré des motards indiens aussi frigorifiés que nous… Malheureusement pour nous, il faut continuer sous la pluie, le brouillard et le vent pour encore environ 25 kilomètres de descente. Heureusement pour nous, a North Pullu, on a trouvé des gants et des chaussettes en laine, enfin on a les mains au chaud. Avec les calories ingurgitées, on a repris quelques forces et emmagasiné un peu de chaleur.

C’est le mode survie qui nous fait tenir le coup ! Enfin on arrive à Kardhung, un petit village bizarre car presque désert (si vous avez vu le film « U-Turn » vous pouvez vous imaginer de quoi je parle), personne dans les rues, quelques maisons, un petit bui bui au bord de la route, et une guesthouse tenue par le gouvernement. Un gentil p’tit monsieur qui ne parle pas un mot d’anglais nous accueille. Je claque des dents et suis trempée jusqu’aux os, ce fut la journée la plus froide de ma vie ! Il pleut encore. La chambre est rudimentaire et froide. Heureusement, on a un habit de rechange à moitié sec. Le p’tit monsieur nous invite à manger, cela nous réchauffera. Il vient nous chercher pour le repas qu’on espérait bien assis au chaud quelque part, mais non, on mange dehors sous un froid glacial. La nuit fut glaciale aussi…

Le lendemain matin, on quitte ce bled bizarre et désertique, qui pourrait être joli s’il ne faisait pas un temps aussi pourri. On pédale au plat et à la descente à travers des paysages magnifiques, jusqu’à ce qu’enfin, les premiers rayons de soleil se pointent et nous réchauffent ! Grandiose ! Le ciel est d’un bleu éclatant, les montagnes ont des tons de couleurs roses, jaunes, gris, vert, brun… Des enclaves de verdures, des champs de fleurs de moutardes tout jaunes, des canyons creusés dans la roche… C’est si beau ! La Nubra Vallée est somptueuse !

On arrive aux premières dunes de sables. Et dire que hier on pédalait dans la neige, nous voilà maintenant en plein désert, avec en fond de toile, les sommets enneigés. Les chameaux, vestiges de la route de la soie, sont au rendez-vous… On a fait du rallye dans les dunes en VTT, ce fut fatiguant mais magique !

Une nuit dans un petit village puis on reprend la route… Une longue longue route ponctuée de descente, de faux plats, de plats et de montées… A Kalsar, petit village, on s’approvisionne en eau et biscuits car on ne trouvera plus rien sur la route. On a roulé plus de six heures en croisant juste un chien peureux mais attachant. Pas de voiture, pas de village, personne, on est vraiment « into the wild ».

Juste avant la nuit, alors qu’on roulait depuis 9 heures du matin, on est arrivé à un petit hameau de quelques maisons. Là, on nous a dit qu’il valait mieux continuer encore 4 km plus loin pour arriver à un village un peu plus grand et plus sympa ou on pourra passer la nuit. Le problème, c’est que ce village n’était pas à 4 km mais à plus de 10 km de montée épuisante. Il faut dire que les cartes du Ladakh ne sont pas topographiques, elles sont très approximatives, les kilomètres ne sont pas indiqués, l’altitude non plus, les routes sont mal dessinées…

Je commence à ne plus pouvoir avancer, j’ai de l’acidité dans l’estomac dû à l’effort trop important ou alors c’est peut-être le symptôme du mal d’altitude. On a déjà une bonne vingtaine de montée sur chemin caillouteux dans les pattes, je commence à vomir toutes les dix minutes, on a plus rien à manger et la nuit va tomber… Puis, tout d’un coup, je fais comme une crise d’asthme, je ne peux plus respirer, je n’arrive plus à inspirer. Quelle panique !!! Mon corps crie stop ! Il n’en peut plus ! Il faut qu’on trouve un endroit où dormir et manger. On voit une jolie maison et de la lumière. Jullay ! Jullay ! (ce qui veut dire bonjour ici), on demande l’hospitalité. On s’est trompé de route et on a atterri dans un village ou les gens ne semblent n’avoir jamais vu deux touristes à vélo débarquer à la tombée de la nuit et demander l’hospitalité… Je pense qu’ils ont eu peur de nous. Ils sont sortis puis rentrés dans la maison sans nous donner de réponse. On grimpe encore dans la caillasse et on voit une autre maison, on essaye encore, mais c’est le même problème. On ne nous ouvre pas la porte. On est complétement paniqué !!!

Je suis si fatiguée et j’ai le mal de montagne, je refais encore une crise d’asthme, je ne peux plus respirer. Après quelques minutes, ça passe, je retrouve mon souffle et on continue à grimper… Mon dieu, on va devoir passer la nuit dehors sous un froid glacial ! Il y a un petit monastère haut perché, cette fois-ci, il fait nuit, on se dirige vers le monastère, et tout d’un coup, on voit de la lumière dans une maison. Il y a un groupe d’indiens et de népalais qui travaillent sur les routes. La pièce est sombre, austère et pas chaleureuse pour un sou, un homme nous dit : « ne vous inquiéter pas, on va vous aider, vous êtes sain et sauf ». Ouf ! Un p’tit népalais range nos vélos dans une espèce de garage et nous conduit chez un moine et sa servante. Ouf ! C’est un coup de chance ! Le moine est tout gentil, il nous accueille, nous offre du thé au beurre de chèvre salé (cela ressemble à du bouillon et c’est pas si mauvais que ça, surtout après une journée entière de vélo), des biscuits, puis une assiette de riz. Il ne parle pas l’anglais mais on se comprend quand même un peu. Il passe son temps à réciter des mantras « OM MANI PADME OM ». Il nous installe un lit douillet dans sa chambre et nous passons la nuit avec lui, dans un univers très spirituel…

Un bon petit déjeuner, puis on s’en va en direction de Thangiar, le village qu’on aurait dû atteindre la veille. De la montée, de la montée, de la montée sur des kilomètres et des kilomètres… Je n’ai pas la force et je vomis plusieurs fois le long du chemin. Je ne sais pas si c’est l’altitude ou un ulcère gastrique mais qu’est- ce que ça fait mal !!! On atteind enfin le village très joli avec un monastère grandiose perchée sur les rochers. On a faim et on demande de quoi manger aux femmes du village qui nous dirige vers une famille sympathique qui nous cuisine un délicieux repas ladakhi. On a passé l’après-midi dans la famille en compagnie d’un jeune moine bouddhiste qui préparait des statues en pate de tsampa et en beurre pour la prière.

Puis, on a continué la montée jusqu’à Amri, car on nous a dit qu’il y a un shop ou on peut acheter quelques biscuits pour avoir au moins un peu d’énergie car le col du Wari La nous attend… La montée d’une dizaine de kilomètres a été terriblement pénible pour moi. Depuis deux jours, on ne fait que monter sur des chemins caillouteux et j’ai le mal d’altitude. C’est dur ! Enfin on arrive à Amri, c’est magnifique, un joli plateau entouré de montagnes enneigées, de champs de fleurs jaunes, c’est splendide ! Oh mon dieu, ouf, la chance est avec nous, il y a une jeep devant une maison !!! Premier véhicule qu’on voit depuis belle lurette! Je l’avais tant espérer ce véhicule car le Wari La est un col à 5273 mètres et c’est encore plus de 30 kilomètres de montée sur chemins de cailloux… Pour moi, c’était presque impossible d’accomplir cet exploit ! Il faut dire que si on avait fait ce col et qu’on aurait eu un problème, il n y a aucun véhicule pour nous aider sur la route, c’est désertique et dangereux !

On a passé une nuit dans la famille puis on a pris la jeep jusqu’au col. Véritable rallye à travers les cailloux et les rivières ! C’est un pro le chauffeur !!! Incroyable qu’un véhicule puisse passer sur des routes pareilles !!! Sur le chemin, des marmottes et des gros yaks sauvages ! Waouh ! Plus on avance en jeep, plus on se rend compte que le faire en vélo aurait été de l’inconscience pure ! On est au sommet. Maintenant c’est plus de 40 kilomètres de descente qui nous attend sur une route ou on a croisé qu’un seul véhicule ! Un paradis pour les cyclistes ! La descente fut grandiose !!!

Voilà, de retour à la civilisation, sentiment étrange… On revient du bout du monde et d’un coin sauvage et préservé. On a passé une nuit dans un hôtel, mangé dans un super restaurant, visité le monastère, puis on a continué le lendemain sur 2 kilomètres (la journée la plus facile) et là on a dormi dans une famille fantastique, dans une chambre super douillette…

Aujourd’hui, 15km de vélo et nous revoilà a Leh. Quelle aventure !!! Je suis épuisée mais heureuse et en forme. À présent, on savoure tout le confort, l’eau chaude, la bonne bouffe et tous les produits qu’on peut trouver à Leh…




A pied au Ladakh…


L’expérience du VTT terminée, nous rêvions de vivre d’autres aventures…

Après un petit trek de mise en jambe entre Likir et Hemis Schupabchen, nous avons décidé de faire le trek Lamayuru – Chiling en autonomie, sans guide ni muletiers.

Réveil matinal, nous rejoignons la station de bus de Leh. Comme nous ferons le trek sans assistance, nous avons dû prévoir tout le matériel nécessaire, tentes, matelas en plastique, etc. Nos sacs pèsent entre 15 et 20 kilos chacun, celui de Fred étant le plus lourd à cause de la tente et des 3 kilos de fruits secs constituant notre ration de survie. Nous avons l’espoir de monter dans le bus devant partir pour 8 heures en direction de Lamayuru. Après avoir arpenté la station de Bus de long en large et en passant par les travers, nous devons nous rendre à l’évidence, il n’y aura pas de bus pour Lamayuru ce matin-là (il y en a trois par semaine seulement, a-t-on appris par la suite). Frustré mais toujours aussi déterminé à rejoindre Lamayuru le jour même, nous décidons de tenter l’aventure du « hitchhiking », soit de faire du stop. Un sympathique anglais nous prête son feutre indélébile et nous inscrivons notre destination sur un morceau de carton qui fera office de panneau indicateur. Excité à l’idée de rejoindre Lamayuru en stop, nous nous élançons sur la route qui sort de Leh et marchons d’un pas motivé, morceau de carton présenté bien en évidence pour attirer l’attention des automobilistes. Malheureusement, nous devons nous rendre à l’évidence que notre entreprise n’est pas vraiment concluante. Tout le monde nous regarde avec curiosité, mais personne ne s’arrête (sauf deux chauffeurs de taxis… no comment). Lamayuru est un petit village dans les montagnes à 100 km de Leh. Nous continuons tout de même sur 2-3 kilomètres sous un soleil de plomb, avant d’arriver à l’aéroport de Leh. Là, nous commençons à perdre espoir et nous songeons à retourner à Leh, en imaginant devoir remettre notre départ à un autre jour. Un des militaires gardant l’entrée de l’aéroport nous indique qu’un bus doit partir à 10 heures pour Khaltse, un village situé 30 kilomètres avant Lamayuru. Nous décidons donc de retourner à la station de Bus et de prendre ce bus pour Khaltse, où nous essayerons de trouver un véhicule pour nous amener à Lamayuru. Nous rejoignons la station de bus en taxi depuis l’aéroport. Eh oui, nous n’avons pas la force de refaire le chemin en sens inverse, dans la pollution et la poussière du bord de route.

Arrivés à Khaltse quelques heures plus tard, nous allons prendre le repas dans un petit restaurant local et espérons bien pouvoir rejoindre Lamayuru avant la nuit. Nous expliquons notre histoire au tenancier et celui-ci nous informe qu’un camionneur sikh doit reprendre la route pour Lamayuru après la pause de midi. Moyennant 50 roupies chacun, nous pourrons faire le chemin dans son camion-citerne (transporteur de kérosène). L’engin n’était pas des plus confortables, mais ce fut une belle aventure que d’être à l’intérieur d’un de ces fameux camions transporteur de marchandise décoré hyper kitch que l’on voit partout sur les routes indiennes.

Après avoir emprunté une route aussi superbe que vertigineuse, nous arrivons à Lamayuru en fin d’après-midi. Le village juché à flanc de coteau est vraiment pittoresque et nous regrettons de ne pas y être venus plus tôt. Nous trouvons un camping et y montons notre tente, passant totalement inaperçus du propriétaire et bénéficiant ainsi d’une nuitée gratuite. Après avoir discuté avec plusieurs groupes de touristes, nous portons notre choix sur le trek Lamayuru – Chiling, moins long et moins difficile que Lamayuru – Padum. Nous espérons rejoindre Chiling en 3 jours alors que la majorité des groupes font le tracé en 5 jours. Il nous faudra alors marcher entre 7 et 8 heures par jour mais cela ne nous fait par peur, nous sommes confiants.

Après notre première nuit sous la tente, nous nous élançons d’un pas enthousiaste en direction de Hinju, que nous devrions atteindre en fin de journée. Ça commence bien, on se trompe d’itinéraire à la sortie du village et l’on doit remonter à travers champs pour rejoindre le bon chemin. Les paysages que l’on traverse ensuite pour gravir le premier col (3750 mètres) sont splendides. Au sommet, nous sommes félicités par des trekkeurs suisses-allemands, admiratifs en contemplant la taille de nos sacs à dos… La descente pour rejoindre le hameau de Wanla fut tout aussi superbe dans un canyon escarpé. Par contre, la fin de l’étape fut assez pénible et monotone car nous avons dû suivre la route sur près de 18 kilomètres sous un soleil de feu. Arrivé à Hinju à la tombée de la nuit, complètement vidé, nous avons cherché une Homestay pour passer la nuit et pour prendre un bon souper, n’étant pas du tout enchanté à l’idée de planter la tente et de bouffer des fruits secs. Suivant notre intuition, nous avons trouvé une gentille famille qui a bien voulu nous offrir le gîte et le couvert. Bien repu et tout frais tout propre (bain dans l’eau glaciale de la rivière), nous nous endormons comme des masses en espérant récupérer des forces pour la journée du lendemain qui s’annonçait des plus ardues, avec un col à près de 5000 mètres à franchir (le Konktze La).

Comme nous l’avions prévu, la deuxième journée fut vraiment difficile. Contrairement aux autres trekkeurs, qui ont des mules pour porter leurs affaires, nous marchions avec nos sacs à dos qui était encore plus lourds que la veille à cause des 4 litres d’eau supplémentaires (soit 4 kg de plus à porter). Le début de la montée fut particulièrement terrible pour moi qui avais bien du mal à avancer avec mes 15 kilos sur le dos. Pour m’aider, Fred a porté les deux sacs pour les 2 heures d’ascension restantes. La suite de la montée fut ainsi beaucoup plus aisée pour moi et j’ai ainsi pu économiser des forces pour la suite de l’étape. Arrivé au sommet, nous avons pu jouir du fantastique panorama sur les montagnes environnantes. La descente en direction de Sumdo fut interminable et quel soulagement d’atteindre le village pour un repas bien mérité. Encore une fois, nous avons pu trouver une gentille famille qui nous a préparé un bon souper traditionnel et permis de monter notre tente dans un endroit de leur jardin.

Le troisième jour devait constituer la dernière étape de notre trekking avec l’arrivée à Chiling. Après 4 heures de marche et l’ascension du col Lanak La, nous avons dû nous rendre à l’évidence qu’il serait très difficile de terminer l’étape en un jour, vu qu’il nous restait encore 4 heures de marches supplémentaires et le dernier col à 4700 mètres (le Dungdung La). Nous nous sommes donc arrêtés à la moitié de l’étape, dans un camp où tous les trekkeurs s’arrêtent pour passer la nuit. Là, aucune tente-restaurant pour se restaurer et nous n’avions plus que quelques fruits secs sur nous. Heureusement, une sympathique famille de Belges nous a invités à prendre le souper dans leur tente. L’équipe de cuisinier qui les accompagnait a préparé un sacré festin et nous avons pu nous remplir la panse et ainsi recouvrer nos forces pour le 4ème et dernier jour de notre trekking. C’était impressionnant de constater tout ce que transportent les mules pour que les trekkeurs aient vraiment tout le confort et toutes les facilités de déplacement. Cela contrastait vraiment avec nous qui devions tout transporter nous-mêmes et vivre en autonomie complète.

Après une nuit agitée et troublée par les hennissements surpuissants des mules, nous partons d’un pas lourd en direction du dernier col de notre trek, le Dungdung La, culminant à 4700 mètres. J’ai eu quelques problèmes d’estomac et la montée fut difficile ; j’ai bien dû vomir une bonne dizaine de fois. Les 3 heures de descente sur Chiling furent interminablement longues. Fred avait des méchantes cloques aux deux pieds et a dû finir le parcours en pantoufles.

Quelle joie et quelle fierté d’atteindre Chiling. L’ambiance au village était plus sympa que lors des autres étapes. Nous avons rencontré des gens très sympathiques et bien rigolés. Le lendemain, après avoir attendu 5 heures sur le bus local, nous avons rejoints Leh en suivant une route vertigineuse le long du fabuleux fleuve Zanskar (avis aux amateurs de Rafting).

Ce trek fut vraiment une belle aventure et nous en garderons plein de bons souvenirs, mais nous avons aussi pris conscience qu’il faut vraiment une sacrée condition physique pour trekker en autonomie dans de telles montagnes. En tous cas, nous aurons pu tester nos limites et mesurer notre volonté.





Fred est parti il y a une dizaine de jours en direction de Vaschicht près de Manali. Après deux mois d’aventures ensembles, nos chemins incompatibles se sont séparés… Fred va passer un peu de temps à Vaschicht pour vivre ses expériences de méditation puis il rentrera en Suisse où il poursuivra ses projets… Finalement, cette expérience ensemble aura été bénéfique et Fred s’est rendu compte que le voyage, ce n’est tout simplement pas son truc…

Quant à moi, je continue avec un ami en Enfield (la version indienne de la Harley Davidson) vers le Kashmir. Une proposition de voyager en moto à travers l’Inde, une opportunité rêvée qui tombait probablement au meilleur moment de mon voyage…




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