23. Les fêtes de fin d'année à Calcutta

Sealdah, Sealdah ! On est arrivé à Calcutta à la gare de Sealdah. C’est là que se trouve le dispensaire ou j’ai travaillé il y a un an. Rien n’a pas changé. Il y a toujours la foule de taxi jaunes, ces vieilles Ambassadors des années 60, d’ailleurs je me demande comment elles roulent encore ? Mais qu’est-ce qu’elles ajoutent du charme au décor ! L’Inde sans ses Ambassadors ne serait plus l’Inde. Elles disparaissent mais on en trouve toujours dans certaines villes. Calcutta, ses vieux bus tout pourris, ses vieilles maisons coloniales british toutes délabrées, ses rues bien crades, la vie qui partout grouille et défile... Partout, des gens cuisinent, se lavent, jouent, commercent et font toutes les activités de la vie quotidienne là sur le trottoir. C’est à Calcutta que je ressens le plus cette vie de rue. D’ailleurs, à Sudder Streat, le quartier des touristes, ils ont bien compris que le touriste aime être dans la rue, alors les restaurants sont installés sur le trottoir avec un menu international en anglais et japonais…

Les tireurs de pousse-pousse sont toujours là. Il n’y a pas un autre pays au monde où on voit des hommes chevaux. Ils sont des musées vivants. Il en reste peu…

Je retrouve les gens que j’ai connus. Cela fait 4 fois durant ce voyage de plus d’un an maintenant que je reviens à Calcutta. J’ai l’impression de rentrer chez moi, je retrouve des coins que j’ai aimés et des gens que j’ai croisés. Quand on passe du temps à Calcutta, c’est comme un village et une grande famille. Calcutta a un cœur, c’est pour cela qu’on l’aime tant. Et en plus, elle a le pouvoir de fabriquer des saints anonymes, il y a mère Teresa bien sûr mais il y en a beaucoup d’autres qui ont tout quitté pour venir y semer l’espoir et l’amour.

Calcutta, la ville de la misère pour ceux qui ont lu « la Cité de la Joie ». Est-ce parce qu’ici la misère est accessible pour le touriste ? Parce qu’elle est moins cachée qu’ailleurs où les bidonvilles ont été regroupé dans des ghettos à l’extérieur du centre ou le long des rails de chemins de fer.

Calcutta, c’est aussi la ville de la culture, de l’art et de la musique. Les bengalis sont fier de leur Calcutta culturelle où l’on peut assister a de nombreuses pièces de théâtres, concerts de musique classique indienne, expositions d’art, musées…

Il y a de quoi faire à Calcutta, mais ce que je préfère, c’est de flâner dans les rues et admirer les vestiges de l’époque britannique, rencontrer les gens, chercher à comprendre ce qui m’entoure, admirer toute cette vie qui passe et me laisser imprégner…


Noël

La planète autour d’une table… Comme un cercle d’amis qui depuis toujours se connaît. Nous sommes sur la terrasse de l’hôtel. Ensemble, on échange des mots, des idées, des rires, des chants, quelques biscuits et des boissons. Est-ce la magie du lieu et de Noël ? C’est merveilleux d’être entouré de toute cette différence et de partager ces moments avec le monde entier réunis ici à Calcutta.

Je revois ces mêmes moments que j’ai vécu il y a déjà un an ici à Noël à Calcutta. Non il n’y a pas deux endroits identiques ni deux moments identiques. Cette terrasse a le pouvoir de réunir les gens et de faciliter les rencontres.

C’est Noël ! Tout le monde est joyeux et la fête est aussi dans les rues. Les indiens se pressent pour acheter les Calcutta cake encore tout chaud, mmm ouais c’est vraiment trop bon ! Il y a aussi les sapins et les guirlandes, la musique de noël qui retentit dans les shop à CD. Les marchands de fleurs qui font de superbes arrangements… Oui c’est Noël ! Il manque la neige…


Ce soir du 25 décembre, je me sentais un peu seule. En sortant dans la rue, je tombe sur le groupe avec qui j’étais hier soir. On s’en va tous à Park Streat, les champs élizées de Calcutta, faire un tour et chercher un restaurant, mais les familles indiennes font la queue et le soir de Noël, mieux vaut ne pas sortir dans un restaurant branché de Parc Streat. C’est la foule dans la rue et tout le monde semble vraiment content. Sauf peut-être les trois mecs qui se piquent avec des seringues toutes crades sur le trottoir, là devant ma fenêtre. Ils font les poubelles, je sais à chaque fois où passent mes ordures : dans leurs mains, elles seront fouillées et triées en espérant y trouver quelque chose à revendre ou des restes de nourriture. J’aimerais leur faire cadeau d’une seringue neuve et propre, mais je me dis que le sida c’est sûr ils l’ont déjà alors pour eux que la seringue sorte d’une poubelle ou soit neuve ça ne changera rien. C’est le 25 décembre et je regarde ces trois miséreux juste devant ma fenêtre et qu’est-ce que je peux faire : rien d’autre que de ne pas les ignorer, leur dire simplement bonjour, peut-être leur offrir un gâteau et un tchai mais rien de plus. En ce jour de Noël, cela me casse un peu le moral…

Les mendiants de Sudder Streat ont bien compris que c’est Noël et que tout d’un coup tout le monde est généreux. Alors les jours avant Noël ils sont extrêmement touchants et gentils, ils vous racontent leur triste histoire de vie… et puis à Noël ils arrivent avec leurs yeux suppliants. Ils vous rappellent sans cesse que c’est Noël, alors vous vous sentez presque obligé de leur offrir le petit déjeuner ou une couverture si vous êtes un brin généreux.


Nouvel an

Pour ce deuxième nouvel an à Calcutta j’espérais faire un peu mieux que l’année passée où j’ai été au dodo à 0h30 après avoir un peu abusé sur la bouteille de rouge. Cette fois-ci, je me suis aussi offert la bouteille de vin rouge, mais j’ai décidé de la boire lentement :0). Cette journée du 31, je n’avais pas vraiment la pêche et la motivation pour quoi que ce soit. Ma journée débutant à 8h pour aller envoyer un paquet à la poste. Le petit monsieur de la poste est vraiment adorable, accueillant et souriant pour autant qu’on ne lui pose pas trop de questions et qu’on le laisse faire son travail duquel il est très fier d’ailleurs. La poste de Sudder Streat, c’est vraiment la meilleure (avec celle de Pushkar où il peut arriver qu’on se prenne une cuite avec le post manager). A Calcutta c’est facile, efficace et rapide. Le petit monsieur pèse le paquet qu’il emballe ensuite dans du tissu qu’il coud puis scelle avec de la cire et puis il colle différentes étiquettes sur le beau paquet en tissu. C’est « cool » les anciennes méthodes, ça doit faire bizarre de recevoir un paquet comme ça à la maison non ? Je m’en enverrai avant de rentrer…

J’ai soupé avec une équipe de voyageurs dans le petit restaurant habituel bon marché mais excellent, une valeur sûre. Beaucoup de restaurants de Parc Streat, seront blindés de familles indiennes ce soir, les rues bondées de mecs bourrés qui font le concours de celui qui pelote le plus d’occidentales… Un Italien, un irlandais, un anglais, une australienne et la suisse avons mangés pour même pas deux euros par personne un repas délicieux dans un endroit charmant si l’on fait abstraction de l’hygiène.

Sur le toit du Paragon hôtel, l’ambiance est propice aux rencontres, discussions et chansons. Tous en cercle, nous avons chanté les hymnes de nos pays, la palme remportée par le Japon et l’Australie ! C’était un beau nouvel an !


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